Cachez ces décharges que je ne saurai voir

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Hier, en pleine recherche de partenariat, j’ai eu au téléphone un chargé de la communication de l’ADEME*. Je lui ai exposé notre idée de créer des oeuvres d’art à partir d’éléments récupérés dans les décharges sauvages.

J’ai appris que, selon lui,

  1. les décharges sauvages n’existent plus
  2. tout a déjà été fait pour la sensibilisation à cette problématique.
  3. le sujet n’est pas très sexy

J’ai avalé mon crayon de travers et suis tombée de ma chaise. Et puis, je me suis relevée et j’ai pris mon clavier.

Les décharges sauvages existent encore

A l’initiative de l‘association de protection de l’environnement REVIS, un recensement des décharges sauvages a été entamé à l’automne 2015. Ce travail qui, selon les membres de l’association, « n’est pas près d’être terminé », est illustré par la carte interactive ci-dessous.

Si vous manquez de temps pour explorer la carte, prenez au moins connaissance, en cliquant dessus, des points suivants : W, H, Y, et B.

Voici les conclusions de ce travail de recensement sont :

  • De nombreuses décharges n’ont jamais été nettoyées et participent à la pollution des nappes phréatiques
  • Les traces récentes de feu dans au moins une demi-douzaine de décharges prouvent que celles-ci sont encore utilisées aujourd’hui.

La sensibilisation n’est jamais terminée

Tant qu’il y aura des décharges, la sensibilisation ne sera pas terminée. Comme le titrait un article de l’Est Républicain du 24 Octobre dernier « Les vieilles habitudes des crassiers sont encore très ancrées ».

L’association REVIS a présenté ses conclusions aux classes de 6ème du collège Olympe de Gouges de Saint-Hippolyte.  Habitant le territoire, les élèves se sont immédiatement sentis concernés. Ils ont invité, à travers leurs travaux, leur entourage à se sentir responsable de leur déchets.

« Suite à cette intervention au collège, la commune de Froidevaux a même réfléchi à fermer la décharge sauvage ! Vous vous rendez compte ? » nous apprend ainsi un habitant de la commune.

On se rend surtout compte qu’un an après, elle est toujours ouverte. A noter, l’association REVIS refuse de porter plainte contre ces décharges pourtant illégales. Elle s’en explique :

« Nous ne voulons pas nous couper de la population locale, celle-là même qui est utilisatrice de ces décharges. C’est l’histoire du chien qui se mord la queue. »

Rendre le sujet sexy est la seule option

En juin dernier, l’association REVIS a nettoyé la décharge de Noirefontaine. Elle en a fait une vidéo visionnée plus de 500 fois.

Pour sensibiliser au développement durable, l’association porte d’autres projets. Une ressourcerie va ouvrir prochainement ses portes à Liebvillers. Un artiste local planche sur la création d’une exposition itinérante créée à partir d’éléments récupérés dans les décharges. La Damassine est partenaire du projet.

« Montrer l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul comme disait Gandhi. On parle souvent de la France qui se plaint et qui va mal. Nous avons lancé Hipp’Actus pour faire du journalisme constructif. Nous mettons les mains dans la boue car cela a du sens pour nous. « 

    • *Ademe = Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de L’Energie

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NB : cet article a été rédigé dans le cadre du cas pratique du MOOC (cours en ligne massif ouvert à tous) « Ecrire pour le Web » proposé par Rue89

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