Un garde-pêche passé à tabac à cause de ses convictions

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Ce mercredi 10 janvier, en fin d’après-midi, à Charmauvillers, un agriculteur, récemment pris en flagrant délit d’épandage de lisier sur champs enneigés, a violemment agressé Patrice Malavaux, garde-pêche et militant écologique reconnu par ses pairs pour son dévouement et sa passion pour les rivières franc-comtoises. Visage tuméfié et méconnaissable, Patrice est sorti des urgences accompagné d’un flot incalculable de soutiens. La peur n’a pas choisi le bon camp.

« Les écologistes, ce sont des gens que je ne crains pas. »

En octobre l’année dernière, lors d’un comité de réflexion interprofessionnel, j’entendais un agriculteur de plus de cinquante ans, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, me regarder en face et dire « Les écologistes, ce sont des gens que je ne crains pas. » J’ai eu le ventre serré à entendre ces mots notamment car ce monsieur était là pour parler au nom de des agriculteurs. Mes parents sont agriculteurs, mes grands-parents l’étaient, mes oncles et tantes le sont. Je respecte énormément leur travail. Je sais ce que c’est que de ne jamais partir en vacances parce que les vêlages sont en cours ou parce que c’est le temps de la moisson et des foins. Oh que oui je le sais !

Quand je me bats au côté de ceux qui tentent de protéger nos rivières, je ne me bats pas CONTRE les agriculteurs, je ne me bats pas CONTRE les politiques ! Je me bats POUR mes enfants, POUR ne pas avoir peur de boire l’eau des sources comme je le faisais enfant, je me bats POUR respecter le territoire magnifique dans lequel nous avons la chance de vivre.

Devons-nous craindre les agriculteurs dont nous dénonçons les mauvaises pratiques ?

L’agriculteur, forcément lâche, qui a défiguré mercredi dernier à Charmauvillers, Patrice Malavaux, garde-pêche pour le compte de la Franco-Suisse et militant écologique au sein du collectif SOS Loue et Rivières Comtoises, ne représente absolument pas la profession. Ce lâche a pourtant matérialisé les peurs qui sont les nôtres. Des menaces verbales et écrites, nous en recevons assez régulièrement pour, c’est inquiétant, nous y habituer. Mais qu’on porte atteinte physiquement à l’un d’entre nous ? Ce n’est pas acceptable.

Un immense flot de soutien arrive depuis quelques jours à Patrice. Par soutien envers lui, nous en publions quelques uns ci-dessous.

« Je tiens à apporter tout mon soutien à Patrice que je sais droit et professionnel en plus d’être humain.

Je parlais de cette agression à mes enfants. Et toute proportion gardée, je leur parlais de tous ces militants écologistes agressés et tués suite à leur engagement et ce à travers le monde notamment en Amérique centrale et du sud. Dans le monde actuel il y a un vrai sentiment d’impunité pour les pollueurs et profiteurs de tout poil.

Nous sommes là, à Charmauvillers, sans doute en face d’une personne un peu rustre. Mais comme quoi qu’elle soit, cette personne, dans un état de droit, se sent le droit de polluer, puis de menacer et d’agresser de « simples » lanceurs d’alerte. Alors même qu’il y aurait du aussi y avoir un contrôle social pour l’empêcher, cette sombre histoire trouvant ces traces il y a 3 semaines. Il y a un cheminement à Charmauvillers mais aussi tout un cheminement plus lointain et plus général pour étouffer la contestation écologique et laisser le champ libre aux intensivistes pollueurs.

Nous devons assumer publiquement de faire porter aux responsables agricoles la genèse de cette agression. Leur faire porter la responsabilité d’un discours interne intensiviste permissif et déculpabilisant, point de départ « intellectuel » de tels agissements. Nous devons assumer publiquement de faire porter une part de responsabilité aux autorités qui en laissant s’installer l’impunité en matière de pollution, font le lit de telles agressions.

Car la peur est là désormais, consciente et inconsciente,  même chez quelqu’un de très solide comme Patrice et au moment de la mise en place du Samu de l’environnement. Cette peur, de la loi, elle devrait être chez les pollueurs. Mais ce n’est pas le cas.

Les femmes se mobilisent face aux agressions sexuelles pour faire bouger les lignes, à nous de faire de même dans le domaine environnemental. « 


 

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